Open Gym ! Pour ou contre ? Partie 1

Open Gym ! Pour ou contre ? Partie 1

 

« La magie est dans le mouvement, l’art est dans la programmation, la science dans les explications, le fun est dans la communauté. » —Greg Glassman, Fondateur du CrossFit

Le fun est dans la communauté.

« Il y a une camaraderie mêlée à une forme de souffrance, » dit Landon Adams, Owner de CrossFit Round Rock, au sujet des cours en groupe dispensés dans la majorité des salles affiliées CrossFit. « ça fait ressortir le meilleur de chacun de nous. »

L’art est dans la programmation.

« La communauté, le fun, la musique, le fait d’enlever son T-shirt, le drop des barres- ce sont des conséquences du CrossFit, » dit Jeffrey Jenkins, Owner d’Humble Beast CrossFit à Washington, D.C. « En fait, ce que vous payez, c’est le fait qu’il y ait quelqu’un qui s’occupe de programmer un WOD pour vous tous les jours de la semaine. »

La magie est dans le mouvement

« L’amélioration des capacités et l’efficience du mouvement – c’est ce à quoi se résume le CrossFit au final, n’est-ce pas? » demande Carlo Mattia, Owner de CrissFit the Rock à Rockville Center à New York. « Travailler pour développer ces capacités, c’est comme ça que vous vous améliorez… Si vous ne fournissez pas ce travail, vous n’aurez pas votre Muscle Up pour Noël. »

Donc comment créer un environnement qui vénère à la fois une bonne programmation et qui permet à une communauté généreuse de fleurir tout en donnant l’opportunité à la pratique personelle ?

Ou plus simplement: Qu’en est il de l’Open Gym?

 

A CrossFit Beringei, la Owner Jennifer Stagnoli reconnait la valeur de permettre aux athlètes de travailler sur leurs faiblesses grâce à un extra work. (Janelle Harding Photography)

 

Y a-t-il une solution logique?

Marty Harms est le Owner de CrossFit Eatern Ridge à Sheboygan, Wisconsin. Cette affiliée propose trois sessions Open Gym de 60 minutes par semaine. Bien sûr ces créneaux ne viennent pas remplacer un créneau de WOD classique, mais il souligne le fait que la nature constamment variée du CrossFit implique que siun athlète veut devenir très efficace dans un mouvement particulier, il ou elle doit le pratiquer en dehors des cours.

« Si les athlètes attendaient que les Double-unders apparaissent dans ma programation sur une fréquence normale, on aurait des personnes qui -si c’est le seul moment où ils travaillent ce mouvement- mettraient des mois voire des années à le maitriser si ils ne passaient pas du temps à le pratiquer endehors du cours. » rapporte Harms.

Jennifer Stagnoli, Owneuse de CrossFit Beringei à Forest Hill dans le Maryland est d’accord avec Harms.

« Le cours est là pour vous accueillir et vous proposer un super entrainement… mais n’est pas tellement conçu, du moins dans notre programmation, pour travailler une faiblesse spécifique, vu que chacun a des faiblesses différentes, » dit elle. »Il est donc quasiment impossible de traiter les faiblesses de chaque membres dans un cours de groupe -surtout si on parle de quelqu’un qui ne vient que trois fois par semaines. Il ou elle va forcément manquer quelque chose. »

A CrossFit Eastern Ridge, Marty Harms propose trois créneaux dans lesquels les athlètes peuvent venir travailler sur un mouvement qu’ils auraient manquer en cours. (Marty Harms).

Harms fait aussi remarquer que l’Open Gym permet à l’athlète de se familiariser avec du matériel difficile à mettre en place en cours groupé tel que le GHD ou les cordes d’escalade.

Mais l’Open Gym peut aussi être la porte d’entrée à quelques nuisances, comme l’a découvert Chris Padilla.

« Quand on mettait en place un Open Gym, on s’est rendu compte qu’il y avait quelques athlètes qui refusaient de prendre part à la communauté, » dit le owner de BigMuddy CrossFit a Bismarck, Nort Dakota. « Ils faisaient leur propre programmation et étaient complètement fermés au coaching. »

Et choisir son propre entraînement -surtout quand les Coachs le font eux aussi- peut donner la mauvaise impression, nous dis Jenkins.

« D’un coup le message que vous faites passer à vos athlètes c’est que l’enseignement que vous leur apportez n’est pas suffisant et qu’ils vont devoir faire autre chose -et ce n’est pas du tout le bon message », continue t il.

 

A Humble Beast CrossFit,la première régle de l’Open Gym c’est de ne pas en parler. (Matthew Klinger/Kalabash Kreative)

 

Un privilège, Pas un droit

Il y a de l’Open Gym à Humble Beast CrossFit -ils n’en parlent simplement pas.

Localisé dans une ville hautement transitoire, cette affiliée reçoit de un à sept drop-in par jours, la majorité d’entre eux souhaitent s’entrainer mais leur agenda ne correspond pas aux cours de la salle. Les autres préparent des compétitions.

« On va avoir des personnes venir faire leur drop-in et vouloir s’entrainer parce qu’ils sont en conférence ou parce qu’ils suivent leur propre plan, » explique Lindsay Jenkins, la femme de Jeffrey ainsi que son associée.

Bien que l’Open Gym ne soit pas disponible sur le planning mis en ligne, Lindsay et Jeffrey peuvent faire des exceptions pour ceux qui ont de bonnes raisons.

« En fonction de leur histoire, j’essaie de d’abord les envoyer vers un créneau de groupe parce que je sais que ça leur fera une bonne expérience -ils vont adorer ça, ils vont apprendre quelque chose, ils vont passer un super moment et rencontrer de nouvelles personnes, » explique Lindsay. « Si au final c’est une histoire de restriction au niveau du temps ou qu’ils ont vraiment besoin de suivre un programme, alors on peut faire une exception pour ces personnes. »

Dans ces cas là, les athlètes payent le tarif classique du drop in pour accéder à la salle pendant le moment où les coachs s’entrainent. Les adhérents de la salle peuvent aussi demander l’accés à ce créneau.

« On essaye toujours de d’abord les faire participer à un cours. Pas parce qu’on les considère comme une nuisance mais c’est parce que nous savons que ça sera vraiment bénéfique pour eux et qu’ils partiront en étant contents. »

A CrossFit Round Rock les athlètes sont authorisés à aller en Open Gym seuement après avoir participé à 90 cours, explique Adrien Adams (droite).(Samantha Auburn)

Landon et sa femme Adrien Adams ont mis l’Open Gym dans le planning de CrossFit Round Rock à raison de 10 sessions par semaine -mais il y a des conditions. Avant que les adhérents puissent y aller -ce qui n’est pas comptabilisé dans la fréquentation hebdomadaire- ils doivent terminer le programme de Fondamentaux de l’affiliée et participer à au moins 90 cours de groupe.

« C’est un privilège. » dit Adrien, faisant aussi remarquer que cette règle s’applique aussi à ceux qui souhaitent participer aux cours spécifiques comme l’haltérophilie ou le strongman. « Je pense que ça donne envie d’acquérir de bonnes bases avant de vouloir progresser plus. »

Cette règle, nous explique t-elle, permet d’éviter que les débutants enthousiastes mais inexpérimentés ne se blessent.

En plus de ça, cette clause des 90 cours obligatoires donne aux nouveaux athlètes un avant-gout de l’appartenance à la communauté CrossFit -icluant bien sûr de laisser son Ego à la porte. Adrien nous décrit un nouvel adhérent qui refusait de prendre part aux cours avec un Coach.

« Il veut aller en Open Gym pour devenir meilleur, mais aussi parce que son Ego est tellement énorme qu’il refuse d’être dans les environs de qui que ce soit -probablement sa femme aussi- qui soulève plus lourd que lui. » raconte t-elle. « En tant que Coach je peux facilement comprendre qu’il va poser problème si je ne le gère pas immédiatement… Si votre Ego est tellement fort que vous ne voulez vous entrainer que par vs propres moyens, alors peut être que Gold’s Gym vous plaira plus. »

 

Landon Adams (à gauche) et sa femme gardent les yeux grand ouvert pour repérer les participants d’Open Gym qui ne s’intègreraient pas à la culture de la Box. (Samantha Auburn)

 

Ce n’est pas la salle que vous recherchez.

Padilla est d’accord qu’il faille parfois faire des extras mais jamais contre l’intéret de la communauté.

« Si un athlète veut sérieusement améliorer ses faiblesses… pas juste être Fit mais vraiment s’améliorer en tant qu’athlète, alors il doit vraiment investir plus de temps la dedans. C’est quelque chose que l’on apprécie et que nous respectons, » confie Padilla. « Mais le CrossFit privilégie avant tout la communauté et donc nous voulons vraiment la promouvoir et encourager la camaraderie entre nos chers athlètes. »

Bien sûr, ce n’est pas parce qu’un athlète veut travailler une faiblesse qu’il renonce à la communauté. Le véritable problème est quand l’athlète dénigre les cours en faveur d’un WOD « vu au hasard sur le net » ou bien qu’il dit quelque chose : »Je vais faire le WOD de Chris Spealler parce que c’est un athlète des Games et pas toi. »

SPOILER ALERT: Faire un « WOD de Chris Spealler » ne vous transformera pas en Chris Spealler.

« On s’appercevait que certains membres n’étaient pas réceptifs au fait d’être coachés alors qu’ils en avaient bien besoin, » ajoute Padilla. « Ils devaient être coachés, ils devaient être guidés, ils devaient être aidés, mais ils se trouvaient juste dans le coin à faire leur truc. »

Et quand ces membres ont commencé à répandre leur parole aux autres adhérents et tenté de passer outre le coach en place, Padilla a simplement retiré l’Open Gym. Il propose maintenant aux athlètes d’arriver en avance ou de rester plus longtemps après le cours pour travailler leurs faiblesses, et il propose de temps en temps une journée « Skills » le samedi.

Il a donné aux guerriers de l’Open Gym le choix suivant: Rejoignez les cours ou trouver une autre salle.

« Je leur ai dit : »Si vous ne voulez pas faire partie du groupe… il va falloir que vous trouviez un autre endroit, parce que tout ce que vous faites, vous pourriez le faire n’importe où pour le tiers du prix d’ici et vous seriez laissés seuls, » se souvient Padilla. « Ce n’est pas du tout ce que vous recherchez , vous voulez une salle traditionnelle. » »

 

Les créneaux d’Open Gym à CrossFit The Rock sont régies par des régles stipulant que les places ne sont que pour du travail de Skill. (Carlo Mattia)

 

Priorité au CrossFit.

Tout comme Padilla, Harms a vu certains mauvais côtés de l’Open Gym: des membres qui renoncent aux cours pour n’aller qu’en Open Gym.

« On a observé qu’en ne participant plus aux cours de groupe, ces adhérents avaient tendance à se détacher de la communauté et en devenaient même des détracteurs, » rapporte Harms.

Il a ressenti que ces membres qui se mettaient eux même de côté avaient l’air de former une sorte de clique exclusive. Et même parmi ceux qui qui n’étaient pas déconnectés, certains utilisaient l’Open Gym afin d’éviter un WOD peu attirant. Alors Harms à décidé de remanier le système en instaurant une régle de « Priorité au CrossFit. »

« Vous devez participer à un cours de CrossFit (WOD) si vous voulez utiliser l’OpenGym le même jour, » déclare la règle postée sur le site web de l’affiliée. Elle joint une liste mise en place afin de garder de bonnes conditions à l’Open Gym, comme le droit d’un Coach de stopper ou de modifier l’activité d’un athlète.

« C’est relativement implicite. Vous n’allez pas finir en prison, mais c’est un bon moyen pour s’assurer que les gens ne restent pas livrés à eux même, » confie Harms.

Choisir son menu grace à l’Open Gym est pratiquement impossible à CrossFit The Rock où Mattia a aussi créer quelques règles: l’Open Gym -qui n’est programmé que pour une seule heure les samedis- est exclusivement dédié au travail de skills, aucun WOD.

« Une portion de la culture d’une salle vient de sa programmation, » explique Mattia. « Nous avons 67 cours par semaine, 5 en journée et 5 en soirée. Vous avez amplement le temps de venir vous entrainer. »

« Si l’Open Gym est utile ou non à la programmation de la salle, relève juste de la philosophie du staff, » dit Landon Adams.

Alors que Jeffrey explique que les adhérents doivent avoir confiance dans le fait que les Coachs sont meilleurs qu’eux en terme de programmation, Landon n’a pas de problème avec des athlètes qui expérimentent d’autres programmes.

« Je m’inspire beaucoup de ces autres programmes, alors pourquoi ne le feraient-ils pas ? » demande Landon. « On fait tous une certaine variante de la même chose, et ce n’est pas parce que je n’y ait pas pensé que c’est forcément mauvais. »

 

Les Owners d’affiliée proposant de l’Open Gym sont d’accord pour dire que le coaching est essentiel tant en cours qu’en Open Gym. (Matthew Klinger/Kalabash Kreative)

 

La Beauté du CrossFit

L’Open Gym n’est pas que source de confilts ou de contradictions. « Le fait que ça ne soit pas un cours « formel » n’implique pas qu’il n’y a pas de communauté, » nous livre Stagnoli.

« Disons qu’il y a 15 personnes présentes. Je peux garantir que six ou sept vont faire le même WOD, » dit elle. « C’est quelque chose que j’adore voire, ils ont beau arriver pour travailler sur leur pull-up, ils finissent toujours par trouver un moyen de se rapprocher les uns des autres. »

Elle fait aussi remarquer que proposer de l’Open Gym peut aussi séparer une affiliée des autres qui n’en proposent pas. Mais si vous voulez profiter de cet avantage, soyez prêt à faire ce qu’il faut: ça veut dire que les Coachs doivent donner quelques conseils même si ils ne sont pas en train de gérer un cours.

« Ce peut même donner l’impression d’être en plein coaching alors qu’en fait non, mais ça fait partie du jeu, » ajoute t’ elle

Adrien Adams est d’accord, notant qu’elle corrige fréquemment des athlètes pendant l’Open Gym.

« On s’assure que les athlètes sachent que l’on surveille, » dit elle. « Je ne vais pas juste m’assoir et me tourner les pouces, pourquoi être coach si c’est pour faite ça? »

Au final c’est pour ça que vos adhérents viennent dans votre salle.

« Vous ne venez pas pour juste faire mumuse dans un bac à sable; ce pour quoi vous payez ce sont les liens que vous créez avec les coachs ainsi que leur expertise, » explique Adrien. « Nous croyons vraiment en l’utilité de l’Open Gym pour travailler vos skills, mais nous pensons aussi que la beauté du CrossFit est de venir aux cours et de laisser le CrossFit faire son boulot. »

Dans la 2éme partie de cette série d’articles, les owner débattront si il faut faire payer ou non l’Open Gym.

 

 

Au sujet de l’auteur: Brittney Saline est une écrivain en freelance qui contribue au CF Journal et au site CrossFit Games. Elle s’entraine à CrossFit St.Paul. Pour la contacter, visitez brittneysaline.com

Cover image: Kieran Kesner

 

Source : https://journal.crossfit.com/article/gym-saline-2

 

Auteur/Traducteur : Thomas PACYGA

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